Laos, deportations financed by Brussels?
16.03.2006 - 13:03:46

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CAFEÍNA - MARZO DE 2006
Nicola Dell'Arciprete - Bruxelles - 15.3.2006
Laos, deportazioni finanziate da Bruxelles?
http://www.cafebabel.com/fr/article.asp?T=T&Id=6301


Laos : des déportations financées par Bruxelles ?

Alak, Hmong, Khmer, Mon, Mlabri, Katu sont les noms de certaines populations indigènes vivant dans les montagnes du Laos. Des tribus qui pourraient bien être à la source du prochain scandale financier européen : le « Laos Gate ».



Femmes de l'ethnie Hmong émues à la vue de journalistes qu'elles ont pris pour leurs sauveteurs (Ruhi Hamid e Misha Maltsev - 2004)
Dans les montagnes du Laos, pays du sud-est asiatique, encastré entre la Chine, le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande et la Birmanie, il n’y a pas d’écoles, pas d’eau potable et pas de services. Et comme le gouvernement communiste de la capitale Vientiane a jugé trop onéreux de rapprocher les services de ses propres citoyens, il a décidé –usant des méthodes typiques de la démocratie populaire – de rapprocher les citoyens de ces services. Dénomination officielle de la démarche : « unification des villages », « re-distribution » afin d’assurer une « cohésion de la population ». En réalité, il s’agit de véritables déportations qui affectent les nombreuses populations indigènes regroupant, selon la revue Indigenous Affairs, près de 70% des habitants du pays. Des populations culturellement très différentes de l’ethnie Lao qui contrôle le gouvernement communiste au pouvoir. De 2001 à nos jours, 59 947 personnes auraient été déportées de leurs villages. 151 178 autres personnes devraient être déplacées entre 2006 et 2010, dénonce l’ONG allemande Society for Threatened People.

Le rapport 2004

Comme chacun sait, aider les populations les plus pauvres et améliorer les conditions de vie des peuples indigène constitue l’un des objectifs de l’Union européenne dans le monde. Ainsi, dans un document de travail datant de 2004 et débusqué récemment par l’eurodéputé italien Marco Pannella, Sandro Cerrato, représentant de la Commission Européenne au Laos, notait une dégradation des conditions de santé, des problèmes de malnutrition et des « ruptures culturelles » chez les populations concernées par les déportations, concluant qu’un « investissement majeur en ressources dans la planification et l’actualisation de la redistribution des villages pourrait significativement soulager les difficultés du processus de transition ». En clair : si nous ne pouvons pas empêcher les déportations, aidons les à mieux déporter !


Culture indigène en danger

C’est ainsi que les bonnes intentions de Ventiane (et Bruxelles) pavent –jour après jour- le sentier qui conduit les populations indigènes du Laos à l’enfer. Depuis 2001, le taux de mortalité des populations déportées a augmenté de manière vertigineuse tandis que des dizaines de cultures indigènes – liées aux lieux et traditions ancestrales- sont en danger. L’office humanitaire de l’UE (ECHO) et le World Food Program sont intervenus massivement pour faire front à de nouvelles urgences humanitaires.

La Commission est restée silencieuse sur de nombreux points obscurs d’une affaire qui pourrait bientôt devenir le « Laos Gate ». Jusqu’où l’UE s’est-elle empressée d’aider le Laos ? Quel type de développement rural l’Europe est-elle en train d’aider à construire ? Jusqu’à quel point la Commission européenne aide-t-elle les autorités communistes du Laos à améliorer les conditions de vie des populations des montagnes ? Il serait bon de répondre à ces questions avant de devoir demander pardon à ce millier d’indigènes déplacés, qui survivront dans les montagnes du Laos malgré toutes nos bonnes intentions.

Nicola Dell'Arciprete - Bruxelles - 15.3.2006 | Traduction : Delphine Haberstroh

.Laos, deportations financed by Brussels?
Alak, Hmong, Khmer, Mon, Mlabri, Katu are the names of a few of the dozens of indigenous peoples who live in the mountains of Laos. They are names which should be remembered, as they could be linked to the next European scandal: Laos Gate.
Women of the Hmong ethny touched by seeing in Western journalist they perceive as their rescuers (Ruhi Hamid and Misha Maltsev, 2004)
In the mountains of Laos there are no schools, no drinking water and no public services. As it costs the communist government of the capital, Vientiane, too much to move the public services to its citizens, they have decided – in the typical manner of popular democracy – to move its citizens to the services. There is talk of ‘unification of villages’, ‘re-distribution, and ‘population cohesion’. In reality this consists of genuine deportations to the detriment of the numerous indigenous peoples who according to the journal Indigenous Affairs, amount to 70 percent of the population. They are culturally different peoples to the ethnic Laos who control the communist government of this South-East Asian country, caught between China, Vietnam, Cambodia, Thailand and Burma. From 2001 to today, 59,947 people have been deported from their villages. Another 151,178 people should be deported between 2006 and 2010 as reported by the German NGO Society for Threatened Peoples.

The 2004 report

As everyone knows, helping the poorest populations and improving the living conditions of indigenous peoples is one of the objectives of the European Union throughout the world. And so a ‘policy paper’ published in 2004 by a manager at the European Commission in Vientiane, Sandro Cerrato, dug out by the Euro-Parliamentarian Marco Panella – taking note of health conditions, problems of malnutrition and ‘cultural breakdown’, brought on by deportation – concludes that “a bigger investment into resources for the planning and implementation of the redistribution of villages could significantly alleviate the difficulties of the transition process.” In other words, if we cannot ban deportation, we should help them to make deportation better!

Indigenous Culture in danger

And so the good intentions of Vientiane (and Brussels) pave, day after day, the way which leads to the hell of the indigenous peoples of Laos. From 2001 up until today, the mortality rate of the deported peoples has risen vertiginously, while dozens of indigenous cultures, linked to places and ancestral traditions and now lost forever, are in danger. The humanitarian office of the EU (ECHO) and the World Food Program are intervening greatly in response to new humanitarian emergencies.

Its views on this matter and have not cleared up many murky points which could lead to ‘Laos Gate’. How far will the care of the EU go towards helping Laos ? What type of ‘rural development’ is Europe helping to construct? How far will the Commission help the communist authorities of Laos to ‘improve’ the living conditions of the mountain peoples? The people best qualified to answer these questions are those few thousands of indigenous peoples surviving in the mountains of Laos, despite our good intentions.