Italie champion du monde de football !!
10.07.2006 - 10:00:41

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Mondial-2006: l'Italie prive Zidane et les Bleus d'une deuxième étoile
AFP 09.07.2006 - 23:27


L'Italie, au bout d'une finale interminable et crispante conclue aux tirs au but (1-1 a.p., 5-3 aux t.a.b.), a privé Zinédine Zidane, exclu en prolongation, d'une deuxième étoile, en remportant face à la France sa quatrième Coupe du monde de football, 24 ans après la dernière.

Et Zidane n'était plus là. Celui qui a marqué des penalties tellement importants contre le Portugal (1-0) et encore dimanche en finale, est sorti trop tôt. Pour un coup de tête vengeur dans la poitrine Materazzi, le capitaine des Bleus a été logiquement exclu (110e). Drôle de sortie pour le N.10 des Bleus au cours d'une finale tendue de bout en bout que les vingt-deux acteurs ont terminé exténués physiquement et à bout de nerfs.

Aux tirs au but, c'est Trezeguet, l'homme du but en or de la finale de l'Euro-2000 qui a raté sa tentative: conclusion manquée d'un Mondial qu'il a vécu en grande partie sur le banc pour le buteur de la Juventus que redoutait tant l'Italie. L'Italie a ainsi lavé deux mauvais souvenirs d'un coup, celui du quart de finale du Mondial-98 perdu aux tirs au but et celui de Rotterdam (finale de l'Euro-2000).

Les Français pourront avoir des regrets, eux qui avaient ouvert la marque rapidement puis été largement dominateurs en seconde période et en prolongation. Ribéry (99), puis Zidane (104), qui a vu Buffon sortir sa tête juste avant d'être exclu, ont ainsi eu les occasions.


Le scénario est cruel pour les Français, mais comme le fut la finale de l'Euro-2000 pour l'Italie. L'Italie a affiché plus d'envie que de talent pour neutraliser les Bleus et empêcher Zidane de briller lors de son dernier match. Avec comme récompense une quatrième Coupe du monde.

En 1982, quand Paolo Rossi avait offert à l'Italie sa troisième Coupe du monde (après 1934 et 1938), Materazzi n'avait que huit ans, Camoranesi et Totti n'en avait que cinq et Buffon quatre. Vingt-quatre ans après, c'est cette génération qui a grandi dans les échos des succès passés, qui permet à l'Italie de clore enfin la parenthèse.

Les Bleus, eux, devront digérer cette grosse déception pour se nourrir dans dans les mois qui viennent des liens tissés en Allemagne, avec quelques moments mémorables contre l'Espagne (3-1) et le Brésil (1-0). Et du plaisir d'avoir de nouveau fait vibrer la France, huit ans après.

Entre deux équipes réputées pour leur capacité à attendre l'adversaire, le match a pourtant rapidement démarré, avec un KO de Henry après un choc de Cannavaro. A peine revenu sur le terrain, +Titi+ offrait un ballon à Malouda, qui s'écroulait dans la surface après un contact avec Materazzi.


L'arbitre argentin M. Elizondo sifflait penalty et Zidane le transformait, mais avec un frisson: sa frappe en cloche heurtait la barre puis rebondissait seulement quelques centimètres derrière la ligne de Buffon, qui n'a donc pas battu le record d'invincibilité de Zenga.

Mais l'Italie réagissait très vite en faisant le siège du camp bleu. Et sur un corner de Pirlo, Materazzi dominait Vieira dans les airs pour égaliser (19).

Agressifs, les Italiens continuaient sur leur lancée, et sur un nouveau corner, Luca Toni survolait tout le monde mais sa tête trouvait le haut de la barre de Barthez (34).

Les Bleus n'en menaient pas large à la mi-temps, avec un déchet technique inhabituel, et Raymond Domenech ne cachait pas sa colère. Le message était passé et les Bleus ont fait une toute autre seconde période, malgré la sortie de Vieira -en se tenant la cuisse gauche-, remplacé par Diarra (57). Henry et Malouda rivalisaient de maladresse.

Dans la prolongation, les Bleus semblaient avoir les moyens de faire la différence face à des Italiens se contentant désormais de défendre. Mais les entrées en jeu de Trezeguet (à la place de Ribéry) puis de Wiltord (à la place de Henry), les jokers fétiches de la finale de l'Euro-2000, n'y faisaient rien.

Et l'exclusion de Zidane facilitait finalement la tâche des Italiens qui avaient visiblement choisi d'attendre les tirs au but. Avec raison.

Avec Zidane, deux autres champions du monde français de 1998, Lilian Thuram et Fabien Barthez ont sans doute dit adieu dimanche à Berlin. Une nouvelle ère débute, avec les trois derniers champions du monde encore présents (Vieira, Henry, Trezeguet) et une nouvelle vague, incarnée par Franck Ribéry, 23 ans.

Ce sont eux qui seront chargés de débuter les qualifications à l'Euro-2008 où les Bleus retrouveront dès septembre... l'Italie.

Avec Domenech à sa tête? Vraisemblablement. L'homme ayant gagné le droit de choisir son avenir, qui sera évoqué dès mardi à Paris, même s'il n'aura pas imité Aimé Jacquet, son mentor, jusque dans le triomphe.

L'Italie, elle, va rentrer dans un pays miné par le scandale des matches truqués avec un titre de championne du monde. "Si on perd, on souffrira comme des bêtes", avait prévenu samedi Marcello Lippi. C'est un rugissement de plaisir qui a dû résonner dans une Italie qui va enfin trouver matière à aimer à nouveau le football.