Appel aux députés européens!!!
16.03.2007 - 21:35:44

Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme (MLDH)
Lao Movement for Human Rights (LMHR)
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Visite de la Délégation du Parlement Européen chargée des relations avec les Pays du Sud-Est asiatiques du 19 au 23 Mars au Laos !!!



Appel aux députés européens!!!



Paris, le 14 Mars 2007





Honorables députés,



Une importante délégation du Parlement Européen, conduite par le président de la Délégation chargée des relations avec les pays du Sud-Est asiatiques, M. Harmut NASSAUER, sera en République Démocratique Populaire Lao (RDPL) du 19 au 23 mars 2007.



Le Mouvement Lao pour les droits de l’Homme (MLDH) souhaite saisir cette occasion pour rappeler que le Laos reste une des dernières dictatures de la planète, dirigé depuis plus de 30 ans par un Parti unique, dont la prise de pouvoir en 1975 a conduit des dizaines de milliers de Laotiens dans des goulags et contraint à l’exil plus de 500.000, sur une population de 3,8 millions à l’époque.



Arrivé au pouvoir dans le sang et les larmes et en violant le traité de concorde nationale du 21 février 1973, le régime n’a pas cessé depuis à enfreindre les libertés et des droits de l’Homme, refusant au peuple depuis trois décennies les droits politiques et des élections multipartites.



Derrière une ouverture de façade, destinée à amadouer les investisseurs et les donateurs et à attirer l’argent des touristes, le régime laotien continue de diriger le pays d’une main de fer : la répression sanglante contre les minorités ethniques se poursuit comme en témoigne le calvaire des Lao-Hmong pourchassés dans la jungle de Xaysomboun, la campagne anti-chrétienne n’a pas cessé, les droits d’expression, de presse et de rassemblement pacifique sont toujours interdits, l’injustice sociale reste criante, et la corruption ronge le régime à tous les niveaux du Parti unique.

Honorables députés,



Il y a 15 mois à peine, le 1er décembre 2005, le Parlement Européen avait adopté, à l’unanimité des groupes politiques, une résolution condamnant les autorités laotiennes qui « continuent à prendre des mesures restrictives à l'encontre de la liberté d'expression, de la liberté de la presse, de la liberté d'association, de la liberté de réunion et de la liberté religieuse »,

Cette résolution ( P6-TA–0462, sur les droits de l’homme au Cambodge, au Laos et au Vietnam) soulignait aussi « la situation humanitaire effroyable » des Hmongs du Laos, et demandait la remise en liberté pour « les principaux dirigeants du Mouvement, pacifique du 26 octobre 1999 qui avaient réclamé des réformes démocratiques – Thongpraseuth Keuakoun, Seng Aloun Phengphanh, Bouavanh Chanmanivong et Keochay ».

Elle demandait aux dirigeants de la RDPL « de libérer tous les prisonniers politiques et tous les prisonniers de conscience» et aussi « d’accorder à des agences spécialisées de l'Organisation des Nations unies et à des représentants des organisations humanitaires toute liberté d'accès pour qu'ils puissent se rendre auprès des prisonniers politiques, de la population Hmong et de toutes les minorités ethniques et religieuses du Laos ».

Plus important encore, cette résolution du Parlement Européen demandait aux autorités laotiennes «de concevoir et de mettre en œuvre le plus rapidement possible toutes les réformes nécessaires pour démocratiser le pays, garantir l'expression pacifique de l'opposition politique et assurer la tenue rapide d'élections pluralistes sous contrôle international, en vue d'une réconciliation nationale ».



Selon des informations récentes parvenues au Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme, peu de choses ont changé depuis l’adoption de cette résolution du Parlement Européen : des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants Lao-Hmong continuent d’être la cible du régime, des dirigeants chrétiens et les leaders étudiants du Mouvement du 26 Octobre sont toujours en détention, alors que des affrontements armés dans le district de Vangvieng fin février sont évoqués par les médias.

Sur le plan politique, le VIIIè Congrès du Parti Populaire et Révolutionnaire Lao en mars 2006 n’a été qu’un nouveau forum de louanges et d’autosatisfaction pour le régime. Quant aux élections législatives anticipées du 30 avril 2006, organisées par et pour le Parti unique, elles n’ont fait que confirmer le contrôle total du Parti sur les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire du pays. Et la présence des élus femmes dans cette chambre d’enregistrement n’arrive pas à masquer leur très faible nombre au Politburo et au Comité central du Parti, qui sont les vrais organes de décision.

C’est pourquoi, le MLDH appelle le Parlement Européen et la délégation parlementaire qui se rend au Laos :

- de vérifier sur place et sur pièces l’application des tous les points de la Résolution du Parlement Européen du 1er Décembre 2005 ;

- d’aborder avec les dirigeants de la RDPL, notamment lors de ses entretiens avec le Président de l’Assemblée nationale Thongsing THAMMAVONG et le Premier ministre Bouasone BOUPHAVANH, la mise en application effective de cette résolution, notamment en matière de droit politique;

- d’évoquer le sort des milliers civils lao-hmong pourchassés au quotidien par les troupes gouvernementales dans la jungle de Xaysomboun et Bolikhamsay, et en particulier le sort de 27 adolescents lao-Hmong depuis leur renvoi au Laos par la Thailande fin 2005. Selon les informations reçues au Mldh, six jeunes hommes de ce groupe auraient été arrêtés, torturés, puis envoyés dans une prison au nord du Laos et dont certains seraient déjà décédés ;

- de demander la remise en liberté des leaders du Mouvement étudiants du 26 Octobre, des prisonniers politiques et des personnes détenues en raison de leur croyance ou de leur appartenance ethnique.

Honorables députés,

Pour le peuple laotien, sans droit et sans voix, le Parlement Européen représente un dernier espoir. Plus que des démentis langue de bois et des promesses sans suite auxquelles nous ont trop habitués les dirigeants de la RDPL, nous avons besoin d'actions concrètes de leur part, tant dans le traitement des minorités ethniques que dans le respect des droits fondamentaux et les réformes démocratiques.

C'est au nom de la liberté, de la démocratie et la justice, des valeurs chères à l'Europe et aux 27 pays membres de l'Union européenne, que nous nous adressons à vous aujourd'hui pour solliciter votre aide. Car, sans liberté, sans démocratie et sans réconciliation entre les Laotiens, le développement ne pourra pas se réaliser au Laos.



AIDEZ-NOUS !