Thailande: suite Manifestation 22/03/2010!!
22.03.2010 - 15:40:19

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AFP, Mise a jour : 22/03/2010 13:38
Thaïlande: mesures de sécurité renforcées, les "chemises rouges" promettent de bloquer Bangkok
Le gouvernement thaïlandais a annoncé lundi que les militaires gradés en faction dans des lieux stratégiques seraient dorénavant armés, durcissant ainsi le ton face aux manifestants qui veulent la tête du Premier ministre et promettent de bloquer Bangkok samedi prochain.









AFP

Les "chemises rouges", partisans de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, avaient rejeté ce week-end les offres de négociations du gouvernement d'Abhisit Vejjajiva et connu un regain inattendu de leur mouvement, avec 65.000 personnes dans les rues de la capitale.

Le défilé, joyeux et coloré, n'a entraîné aucune violence mais les autorités ont évoqué deux petites explosions, qui ont fait un blessé léger et n'ont pas été revendiquées, pour justifier d'un "ajustement" des mesures de sécurité.

"A cause des incidents violents dans le passé (...), le gouvernement est inquiet de la situation actuelle", a indiqué le colonel Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole de l'armée.

A partir de lundi, "les militaires déployés aux barrages, devant les bâtiments du gouvernement et les bases militaires seront armés afin d'empêcher des gens mal intentionnés de provoquer des troubles", a-t-il ajouté.

Seuls les officiers sont concernés et cette mesure ne s'applique pas dans le centre-ville historique de la capitale, où les "chemises rouges" se sont installées depuis le 14 mars.

Le Vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban a par ailleurs indiqué que la Loi de sécurité intérieure (ISA) serait étendue mardi pour une nouvelle durée de sept jours dans trois provinces, dont la capitale.

Ce texte permet notamment au pouvoir d'installer des contrôles routiers et d'imposer un couvre-feu. Suthep a aussi menacé les manifestants d'une "action décisive" s'ils devaient perturber un conseil des ministres prévu mardi.

Autant de mesures qui rappellent "l'alarmisme des déclarations du gouvernement avant le début des manifestations", estime Michael Montesano, de l'Institut des études du sud-est asiatique, à Singapour.

"Outre que ce sont des mesures assez lourdes, on se demande si elles n'ont pas pour objectif de diaboliser le mouvement des +chemises rouges+ en les assimilant à une menace de violence".

Lundi soir, les "rouges" ont pour leur part témoigné d'une motivation intacte, en promettant de "bloquer" Bangkok et de se réunir devant les préfectures de provinces dans le pays samedi prochain.

Les responsables du mouvement n'ont pas précisé comment ils entendaient paralyser la capitale. Mais toutes ces annonces semblaient bien sonner le glas des timides espoirs de négociation apparus ce week-end.

Le chef du gouvernement, que les "rouges" accusent d'être au service des élites traditionnelles du pays et dont ils dénoncent l'absence de légitimité électorale, avait annoncé samedi les avoir convaincus de négocier avec ses émissaires.

Les cadres du mouvement avaient démenti, affirmant qu'ils ne discuteraient qu'avec le Premier ministre en personne et uniquement pour évoquer la dissolution de la chambre basse et la tenue d'élections anticipées.

"Le gouvernement dit toujours qu'il (...) n'attaquera pas le peuple. Pourquoi ont-ils besoin de s'armer quand nous manifestons de façon pacifique?", a protesté Nattawut Saikur, l'un des cadres des "chemises rouges".

Lundi, sur son compte Twitter, Thaksin a accusé le pouvoir de ne "pas respecter la démocratie".

Le richissime magnat des télécommunications a été renversé par un coup d'Etat militaire en 2006. Adulé par une grande partie des masses rurales du nord et du nord-est du pays, il vit en exil depuis 2008 afin d'échapper à une peine de deux ans de prison pour malversations financières.