Manifestations en Thailande : Plus de 300 blessés
10.04.2010 - 15:38:01

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AFP, Mise a jour : 10/04/2010 12:33
Manifestations en Thaïlande: plus de 130 blessés dans des heurts à Bangkok !!

Plus de 130 personnes ont été blessées samedi dans des heurts à Bangkok, où les forces de l'ordre tentent de reprendre le contrôle de deux quartiers occupés par les "chemises rouges", ces manifestants qui réclament la démission du Premier ministre.



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Des dizaines de milliers de policiers et de soldats ont été mobilisés sur l'avenue Ratchadamnoen, dans la vieille ville, où les manifestants se sont regroupés depuis la mi-mars pour organiser leur mouvement mais sont désormais passibles de poursuites depuis l'instauration mercredi de l'état d'urgence.

Les heurts ont commencé en début d'après-midi, les forces de l'ordre faisant usage de grenades lacrymogènes et canons à eau pour regagner du terrain. Des coups de feu à balles réelles ont été tirés en l'air ainsi que des coups de feu à blanc, selon le colonel Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole de l'armée.

Au moins 135 personnes ont été blessées, selon les services sanitaires.

Une autre opération était planifiée dans le quartier commercial et touristique de Ratchaprasong, plus à l'est, que les "rouges" occupent depuis huit jours, provoquant d'importantes pertes financières pour les hôtels et centres commerciaux environnants.

"L'opération a commencé à 13h00 (06h00 GMT) pour (...) restaurer la normalité en vertu de l'état d'urgence", a indiqué le porte-parole du gouvernement Panitan Wattanayagorn.

"Les manifestations sont illégales et le gouvernement n'avait pas d'autres choix que d'appliquer la loi et poursuivre ceux qui l'enfreignent".

Les "rouges", partisans de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, réclament des élections législatives anticipées. Ils estiment illégitime le gouvernement d'Abhisit, au pouvoir depuis décembre 2008.

Le chef du gouvernement a réaffirmé vendredi qu'il ne céderait pas, après avoir déjà accepté d'avancer la date des élections à la fin 2010, au lieu de 2011.

Les leaders "rouges" ont disposé samedi des véhicules en travers de certaines intersections, et les manifestants répondaient aux militaires par des jets de pierre ou de bâtons, et en leur renvoyant les grenades lacrymogènes.

"Je veux dire à Abhisit qu'il peut tenter de nous évacuer n'importe quand", a déclaré un de ces leaders, Nattawut Saikuar. "Nous sommes décidés à rester jusqu'à ce qu'il annonce la dissolution du Parlement".

L'opération est intervenue alors que la presse thaïlandaise s'interrogeait sur l'attitude des forces de l'ordre. Citant une source militaire, le quotidien Bangkok Post ironisait sur les "soldats pastèques" - verts à l'extérieur comme leur uniforme militaire et rouges à l'intérieur, comme leur sympathie présumée pour l'opposition.

Le journal soulignait que les manifestants s'étaient heurtés vendredi à une faible résistance en entrant de force dans le complexe de diffusion de la télévision par satellite.

Les "rouges" ont ainsi pu rallumer, pendant deux heures, le faisceau de la "Chaîne du Peuple", leur principal outil de propagande, stoppée la veille par le pouvoir. La chaîne s'est ensuite de nouveau éteint, les forces de l'ordre ayant repris le contrôle du site.

Le gouvernement est conscient que l'usage de la force pourrait se révéler désastreux, alors que le pays se souvient encore d'avril 2009, lorsque deux personnes avaient été tuées et plus de 120 blessées en marge de manifestations des "rouges".

En fin d'après-midi, au moins 500 personnes s'étaient rassemblées dans les jardins du gouverneur de Chiang Mai, principale ville du nord d'où Thaksin est originaire. Plusieurs autres manifestations étaient organisées en province, a indiqué un porte-parole militaire