Manifestations en Thailande : encore plus divisée..
12.04.2010 - 06:04:20

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* La Thaïlande encore plus divisée, le gouvernement dans l’impasse !!

CRISE POLITIQUE – La Thaïlande encore plus divisée, le gouvernement dans l’impasse .






Bangkok s’est réveillée groggy hier. Après les affrontements violents de samedi qui ont fait 21 morts et plus de 800 blessés, les plus graves depuis la répression militaire du soulèvement de 1992, la division de la société se fait cruellement ressentir. De même que la détresse du gouvernement qui avait pourtant jusque là cherché à éviter à tout prix tout débordement violent

Les manifestants antigouvernementaux “Chemises rouges” restent plusieurs milliers rassemblés au cœur du quartier commerçant de la capitale et dans le quartier historique. Leurs leaders, dont une bonne partie fait l’objet de mandats d’arrêt, ont promis de prolonger leur mouvement de protestation tant que le gouvernement n’aura pas dissout le Parlement et appelé de nouvelles élections. Ils demandent aussi au Premier ministre Abhisit Vejjajiva, qu’ils considèrent illégitime et au service des militaires et d’une certaine élite conservatrice, de démissionner et de quitter le pays. "Abhisit doit quitter la Thaïlande," a lancé Veera Musikapong, à ses supporters. "Nous demandons tous aux fonctionnaires du gouvernement de cesser de servir [cette équipe]."

Plusieurs morts par balles, les deux camps se rejettent la responsabilité
Dans la soirée, hier, les Rouges se sont recueillis pour pleurer la disparition de leurs camarades au Monument de la Démocratie où les familles endeuillées ont ouvert une procession, portant des photos des défunts.
Dix-sept civils ont perdu la vie, dont un reporter japonais de 43 ans, selon les services médicaux d’urgence qui ont précisé que deux manifestants étaient morts d’une balle dans la tête. L’armée déplore quant à elle le décès de quatre militaires parmi lesquels un colonel, et plus de 200 soldats blessés, dont 90 dans un état grave.
Alors que les affrontements s’intensifiaient samedi soir, de nombreux coups de feu ont été entendus qui ont laissé des impacts sur le monument de la Démocratie, les véhicules et des rideaux de fer de commerces dans le quartier de Khao San. Les autorités et les manifestants s’accusent mutuellement d’avoir utilisé des armes à feu, ainsi que des grenades.
L’agence de presse Thomson Reuters a confirmé que son cameraman japonais, Hiro Muramoto, avait perdu la vie après avoir été touché en pleine poitrine. Tokyo a demandé à Bangkok d’enquêter sur les circonstances de sa mort.
Le gouvernement a fait savoir qu’une enquête était en cours sur ces violences et que des négociations devraient être engagées pour trouver une solution sans aggraver davantage la situation.

Le roi appelé à intervenir
Bangkok n’avait pas connu d’affrontements aussi meurtriers depuis le soulèvement populaire de 1992 contre les militaires qui s’étaient installés au pouvoir après le coup d’Etat de 1991. Les manifestants ont d’ailleurs aussitôt appelé samedi l’intervention du Roi Bhumibol Adulyadej pour éviter de nouveaux troubles, comme il l’avait fait en 1992 quand il avait immédiatement mis fin à la crise d’alors en réunissant les représentants de chaque partie pour leur demander de cesser leur dispute.
"N'y a-t-il personne pour informer le roi que ses enfants se font tuer au milieu de la rue sans justice ? a demandé le leader Jatuporn Prompan. Le roi, est âgé de 82 ans et perçu comme la force unificatrice des Thaïlandais, est en convalescence depuis septembre dernier pour des problèmes pulmonaires.
Les tensions ont ressurgi brièvement hier soir, lorsque 200 Rouges à moto se sont dirigés vers un pont où des rumeurs faisaient état de la présence de militaires.
Weng Tojirakarn, l’un des principaux leaders des manifestants, a annoncé dans la journée que l’émission de la télévision des Rouges, People Television (PTV), avait était une nouvelle fois rétablie après que le gouvernement l’a faite couper deux fois dans le cadre de l’état d’urgence décrété mercredi dernier.
Des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre d’une vingtaine de leaders des Chemises rouges, mais aucun d’eux n’a pour l’instant été inquiété. L’un d’eux, Nattawut Saikua, était même à la table des négociations avec un haut gradé de la police nationale, vendredi, pour obtenir la remise en service de la chaine PTV.

(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) Lundi 12 avril 2010