Birmanie : Alain Juppé a remis les insignes de commandeur de la Légion d'honneur à Aung San Suu Kyi à Rangoun !!
16.01.2012 - 21:49:42

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Birmanie : Alain Juppé a remis les insignes de commandeur de la Légion d'honneur à Aung San Suu Kyi à Rangoun !!







Le ministre français des Affaires étrangères a remis à l'opposante birmane les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.
L'opposante birmane accueille le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé dans sa maison à Rangoun.
L'opposante birmane accueille le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé dans sa maison à Rangoun. © AFP

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, en visite historique en Birmanie, a rencontré dimanche matin à Rangoun l'opposante Aung San Suu Kyi et a remis les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé, vendredi, par téléphone à la lauréate du prix Nobel de la paix qu'elle recevrait "en témoignage de son engagement exemplaire" cette distinction des mains du premier chef de la diplomatie française à visiter le pays, lors d'une cérémonie officielle dimanche dans la soirée. Il avait notamment souligné le "courage politique dont (elle) a fait preuve au service de la démocratie et de la liberté en Birmanie, tout particulièrement au cours de ses nombreuses années d'assignation à résidence", selon la présidence.
Déclaration en français

Après un entretien de moins d'une heure avec le ministre français dans la vieille bâtisse près du lac, où elle a passé la majeure partie des vingt dernières années assignée à résidence, la "Dame" de Rangoun a salué, en français, les réformes en cours dans son pays. "Nous espérons que ces nouveaux développements renforceront le processus de démocratisation et la réconciliation nationale", a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité "d'arriver à la fin des conflits ethniques". "J'ai dû travailler très dur pour lire ce texte en français, c'est donc avec soulagement que je donne la parole à Alain Juppé", a-t-elle conclu en riant.

Aung San Suu Kyi avait été libérée de résidence surveillée en novembre 2010, une semaine après des élections auxquelles son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), n'avait pas participé. Le parti avec qui elle a mené tout son combat politique avait été dissous en mai 2010 pour avoir annoncé son boycott de ce premier scrutin en vingt ans.
Libération de 300 prisonniers politiques

Mais depuis, la junte, au pouvoir pendant près d'un demi-siècle, s'est autodissoute et a transféré en mars dernier ses pouvoirs à un nouveau gouvernement "civil", bien que contrôlé par d'anciens militaires. Cette nouvelle équipe a multiplié les réformes spectaculaires, permettant en particulier le retour de Aung San Suu Kyi au coeur du jeu politique. La LND est redevenue légale et participera aux législatives partielles d'avril, tout comme l'opposante qui pourrait ainsi faire sa première entrée au parlement.

La visite d'Alain Juppé intervient après la libération vendredi de quelque 300 prisonniers politiques, dont des leaders du soulèvement populaire de 1988 et de la révolte de Safran de 2007, réprimés dans le sang.

Cette mesure réclamée sans relâche par l'Occident comme une preuve de la sincérité des réformes a été saluée par l'ONU, l'Union européenne et les États-Unis. En arrivant samedi en Birmanie, Alain Juppé, qui doit rencontrer lundi le président Thein Sein dans la capitale Naypyidaw, avait de son côté salué le caractère "historique" des réformes en cours. Sa visite fait suite à celles de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton début décembre et du chef de la diplomatie britannique William Hague début janvier.

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Soutien international:
Manifestation pour la mise en liberté d'Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi dispose d’un soutien assez important au Royaume-Uni et aux États-Unis, via la campagne pour une Birmanie libre (Free Burma Campaign).

En 2001, le groupe rock irlandais U2 a créé la chanson « Walk On », qui a été écrite et dédiée à Aung San Suu Kyi. « Walk On » est interdite en Birmanie. D’autres artistes comme Coldplay, R.E.M., Wayne Shorter, Jane Birkin, Jim Carrey ou Damien Rice ont publiquement soutenu Suu Kyi.

Elle a reçu le prix « Free your mind » (Libère ton esprit) par les MTV Europe Music Awards en 2003.

Le Conseil de Paris l'a faite citoyenne d'honneur de la Ville de Paris en juin 2004.

Le 17 juin 2005, plusieurs protestations ont eu lieu devant les ambassades birmanes partout dans le monde à l’occasion du soixantième anniversaire de Suu Kyi.

Plusieurs tentatives de pressions diplomatiques ont eu lieu de la part des États-Unis12, des Nations unies et de plusieurs pays afin de libérer Suu Kyi.

Un film a été tourné par John Boorman en 1995 qui évoque certains événements autour de Suu Kyi : Rangoon.

Suu Kyi reçoit une assistance de l’association International IDEA depuis qu’elle est emprisonnée.

Le magazine américain New Statesman a élu en 2006 Suu Kyi « Hero of our time » (héros de notre temps)13. La même année, elle est classée comme la 47e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes.

Les universités belges Vrije Universiteit Brussel (Université Libre de Bruxelles) et l'Université catholique de Louvain (UCL) lui ont offert le titre de docteur honoris causa. Une pétition soutenue notamment par le 14e dalaï-lama a été lancée en Norvège14.

Le 14 mai 2007, une lettre signée par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier (dont Bill Clinton, Jimmy Carter, Jacques Delors) appelle la Birmanie à libérer Aung San Suu Kyi15.

En juillet 2007 elle est faite membre d'honneur du groupe des Global Elders (anglais signifiant les anciens, ou sages, universels), créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l'homme dans le monde.

Le 17 octobre 2007, Aung San Suu Kyi est faite citoyenne d'honneur du Canada.

Le 24 octobre 2007, Amnesty International publie un communiqué de presse à propos de Aung San Suu Kyi intitulé Myanmar. Douze ans en résidence surveillée16.

Le 30 novembre 2011 est sorti le film The Lady sur la vie de Aung San Suu Kyi, tourné avant sa libération et réalisé par Luc Besson. Le 27 novembre 2011, la "Dame" reçoit pour la première fois chez elle l'Ambassadeur de France pour les droits de l'Homme, François Zimeray, à la demande du Ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.
Récompenses[modifier]

1990 : prix Rafto décerné par la Fondation Rafto pour les droits humains.
1990 : prix Sakharov pour la liberté de pensée
1991 : prix Nobel de la paix
2000 : Médaille présidentielle de la liberté
2005 : prix Olof Palme
2008 : Prix de la Fondation décerné in abstentia par le Forum de Crans Montana et remis par M. Jacques Barrot Vice-Président de la Commission Européenne et M. Federico Mayor Co-Président du Panel des Nations Unies pour l'Alliance des Civilisations
2012 : Commandeur de la Légion d'honneur française.

Elle est membre de la fondation PeaceJam.
Citation[modifier]

L’un de ses discours les plus connus, Libérez-nous de la peur (Freedom from Fear17), commence ainsi :

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »

« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé18. »